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Stratégie

La troisième stratégie nationale de sécurité routière du Canada, d’une durée utile de cinq ans (2011-2015), présente d’importantes différences à ses deux plans prédécesseurs. Cette stratégie est similaire en ce sens qu’elle conserve cette vision à long terme d'un Canada doté des routes les plus sûres au monde, ainsi que les quatre objectifs stratégiques qui visent à rendre plus sécuritaires le comportement des usagers de la route, l’infrastructure routière et les véhicules. Les objectifs sont :

  • de sensibiliser le public aux questions relatives à la sécurité routière et susciter son engagement,
  • d'améliorer la communication, la coopération et la collaboration entre tous les intervenants,
  • de renforcer les mesures d'application des lois,
  • de améliorer la qualité de l'information sur la sécurité routière et soutenir la recherche et l’évaluation.

La Stratégie de sécurité routière 2015 est différente de la Vision sécurité routière (VSR) 2010 parce qu’elle offre aux administrations provinciales et territoriales une plus grande souplesse de mise en œuvre. Elle ne contient plus d’objectifs fixes à l’échelle nationale qui s’imposent ensuite comme objectifs pour chaque province ou territoire. L’aspect novateur du nouveau cadre directeur repose sur sa capacité à atteindre des tendances annuelles à la baisse pour les décès et les blessures graves, selon les données enregistrées à l’échelle nationale. De plus, les progrès seront mesurés en fonction de taux de rendement, au lieu d’employer l’ancienne pratique qui consistait à établir des pourcentages cibles de réduction ensuite convertis en chiffres absolus en matière de réduction de décès et de blessures graves de la route.

La Stratégie de sécurité routière fournira aux administrations routières un cadre axé sur les meilleures pratiques pour qu’elles puissent chacune l’adopter ou l’adapter à leurs propres enjeux en matière de sécurité routière. L’efficacité de certaines de ces pratiques a déjà été démontrée. Pour d’autres, les données sur leur efficacité ne sont pas encore disponibles. Selon la Stratégie de sécurité routière 2015, chaque administration routière sera responsable de son propre plan et aura aussi la possibilité de mettre en place ses propres objectifs quantitatifs de réduction du nombre de victimes durant les cinq ans de la stratégie.

Sommaire

La Stratégie de sécurité routière 2015 du Canada vise à faire en sorte que le nombre d’usagers de la route mortellement ou grièvement blessés lors de collisions sur les routes canadiennes continue de baisser.

Depuis 2008, le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (CCATM) a mis en œuvre un processus de consultation auprès des membres du gouvernement et des membres des corps d’ingénieurs et de police, ainsi qu’auprès des intervenants clés de l’industrie, dans le but de définir le nouveau cadre d’orientation de la stratégie de sécurité routière. Le Conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité routière a endossé la Stratégie de sécurité routière en septembre 2010.

La Stratégie de sécurité routière est semblable aux précédentes à plusieurs égards. Tout d’abord, il vise toujours à long terme de doter le Canada des routes les plus sûres au monde. En deuxième lieu, les objectifs de fond de la stratégie VSR 2010 se poursuivront à titre d’objectifs dans le nouveau plan. Les voici :

Souplesse : La stratégie est assortie d’une plus grande souplesse que son prédécesseur.

La structure de la stratégie est différente en ce sens qu’elle offre une plus grande souplesse. La stratégie décrit les meilleures pratiques et les initiatives que les administrations auront la latitude d’adopter en fonction de leur pertinence, de leur faisabilité et de leur acceptabilité au sein de leurs régions respectives. Chaque administration élaborera et «possédera» son propre plan de sécurité routière.

Une approche holistique : La stratégie adopte une approche beaucoup plus intégrée en matière de sécurité routière.

La Stratégie de sécurité routière emploie une approche intégrée et propose des initiatives coordonnées pour répondre aux enjeux concernant les usagers de la route, les infrastructures et les véhicules. Ceci tient compte du caractère d’interdépendance qui existe entre les conducteurs, les routes et la conception de véhicules sécuritaires, ce qui aura pour effet de faire évoluer la nouvelle Stratégie de sécurité routière 2015 vers un environnement de «systèmes sûrs». En effet, la Stratégie de sécurité routière est le résultat d’une très grande collaboration entre le CCATM, la collectivité policière, la communauté des ingénieurs et les intervenants de la sécurité routière.

Cibles : Les objectifs de réduction de pourcentage fixe ne seront pas déterminés à l’échelle nationale. Les progrès seront calculés à l'échelle nationale à l'aide de taux.

Contrairement aux plans précédents, la Stratégie de sécurité routière ne contient pas d’objectifs basés sur des pourcentages fixes, mais tentera plutôt de développer des tendances à la baisse en ce qui concerne les décès et les blessures graves, au cours de sa durée de cinq ans. La tendance à la baisse sera calculée en utilisant des mesures basées sur des taux. Les administrations continueront de transmettre à Transports Canada des rapports annuels sur les décès et les blessures graves. Un rapport sur les progrès nationaux liés à la diminution des décès et des blessures graves sera produit en employant une méthode calculant les taux d’incidence. Même si la Stratégie de sécurité routière 2015 n’établit pas d’objectifs quantitatifs fixes, contrairement à la VSR 2010, cela n’empêchera pas pour autant les administrations d’établir leurs propres objectifs. 

Meilleures pratiques : Le cœur de la stratégie consiste en un cadre de stratégies axées sur les meilleures pratiques dont les autorités compétentes pourront se servir pour aborder la question des risques principaux liés à la sécurité routière et à la question des groupes à risque.

Au cœur de la Stratégie de sécurité routière se trouve une structure de meilleures pratiques conçues pour les groupes cibles clés, ainsi que les facteurs connexes qui contribuent aux décès et aux blessures graves sur les routes du Canada. La structure a été conçue, et compte une variété d’initiatives routières qui ont démontré leur efficacité sur les routes du Canada et/ou sur celles d’autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui se basent sur une analyse environnementale globale effectuée par le CCATM. La nature même de la structure en fait un document fluide qui sera régulièrement mis à jour tout au long de sa durée de cinq ans, à mesure que de nouvelles stratégies de sécurité routière seront mises en œuvre dans les pays de l’OCDE ou en fonction des évaluations des stratégies existantes et de leur efficacité à réduire le nombre de décès et de blessures graves.

Possession : Quoique la stratégie a été développée et sera gérée par le CCATM, chaque administration se l’appropriera et se servira du cadre des meilleures pratiques pour établir ses propres plans.

À titre d’organisme responsable de la Stratégie de sécurité routière, le CCATM, oeuvrant en collaboration avec les autres administrations, ses comités et groupes de travail, se chargera de tenir la stratégie à jour. Grâce à cette structure souple et proactive, les mises à jour peuvent comprendre la documentation concernant les progrès des nouveaux projets de recherche, l’identification de nouvelles initiatives à intégrer dans la matrice multicellulaire des groupes cibles clés et des facteurs connexes, l’examen du cadre des meilleures pratiques éprouvées et le rapport faisant état des progrès.

Délai d’exécution de cinq ans :

La Stratégie s'échelonnera sur cinq ans, ce qui représente une date d'échéance plus courte que le plan précédent.

On s’attend à ce que la Stratégie de sécurité routière devienne une source d’inspiration pour les intervenants en sécurité routière de tous les ordres de gouvernement aussi bien que pour les intervenants clés des secteurs privé et public, et qu’il les incitera à travailler ensemble dans le but d’atteindre l’objectif commun de doter le Canada des routes les plus sûres au monde.

Histoire

En 1996, le Canada a fixé un objectif de sécurité routière ayant pour objet de doter le Canada «des routes les plus sûres au monde». Dans cette optique, les administrations provinciales et territoriales, sous les auspices du Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (CCATM), en collaboration avec les autres intervenants clés, comme les forces de l’ordre et les organismes de sécurité routière, visent à réaliser cette vision par l’intermédiaire des plans de sécurité routière.  

La Vision sécurité routière 2001, premier plan national de sécurité routière nationale du Canada, a été adopté en 1996 par le Conseil des sous-ministres responsables des transports et de la sécurité routière. À la suite de la mise en œuvre de ce plan, le nombre de décès de la route a diminué de 10  % et les blessures graves de 16 %, et ce, malgré la hausse constante du nombre d’usagers de la route.

En octobre 2000, le Conseil des ministres responsables des transports et de la sécurité routière a approuvé la Vision sécurité routière 2010. On y a retenu la vision et les objectifs stratégiques du plan précédent et on y a ajouté un objectif national général et des sous-objectifs. Les objectifs quantitatifs proposés dans ce plan avaient pour but de fournir aux intervenants de la sécurité routière des données de référence sur les principaux indicateurs de sécurité routière, permettant ainsi de mesurer les effets des efforts d’intervention.

L’objectif national visait à atteindre une baisse de 30 % du nombre moyen des usagers de la route tués ou grièvement blessés durant la période 2008-2010, par rapport aux statistiques de la période 1996-2001. Les sous-objectifs proposaient des réductions variant de 20 % à 40 % par domaine d’intervention, y compris la protection des occupants, la conduite avec facultés affaiblies, la sécurité des véhicules commerciaux, les usagers vulnérables de la route, la vitesse et la sécurité aux intersections, la sécurité routière en milieu rural, les jeunes conducteurs et les conducteurs présentant un risque élevé. L’atteinte de ces objectifs devait réduire le nombre de décès sur les routes canadiennes à moins de 2 100 en 2010.

À la suite de l’examen mi-mandat du plan et à la lecture d’indicateurs démontrant qu’on ne faisait plus de progrès, les administrations ont conjugué leurs efforts pour réduire davantage les décès et blessures graves en s’attaquant plus particulièrement aux sujets les plus préoccupants : l’alcool au volant, la vitesse excessive et la non-utilisation des ceintures de sécurité. Les données les plus récentes semblent indiquer d’importants progrès dans ces domaines. Les statistiques de décès de la route pour 2007 étaient de 6 % inférieures aux données de référence et les blessures graves affichaient une réduction de près de 15 %. 

La Vision sécurité routière du Canada a aussi joué un rôle important en améliorant la perception que les forces policières avaient des préoccupations en matière de circulation sans danger. Dans un effort d’atteindre les objectifs de la Vision, les forces policières ont pour la plupart modifié leur modèle d’application des services de contrôle de la circulation : d’une stratégie de patrouille qui se faisait au hasard, elles ont adopté un modèle de service d’équipe où l’on combine l’analyse de l’information à l’éducation et aux stratégies d’application de la loi en vue d’intervenir auprès d’enjeux bien précis au moyen d’interventions ciblées.   

Le cœur de la stratégie est formé d’un cadre de référence axé sur les meilleures pratiques, comprenant une matrice multicellulaire de groupes cibles clés et de questions de sécurité routière ou de facteurs connexes, ainsi qu’une gamme variée d’initiatives de sécurité routière dont les administrations pourront se servir pour répondre à leurs propres priorités. Chaque administration aura la latitude d’adopter les initiatives et les stratégies en fonction de leur pertinence, de leur faisabilité et de leur acceptabilité.

Vision

La vision des intervenants en sécurité routière du Canada est d’avoir «les routes les plus sûres au monde». Cette vision représente un idéal, qui n’a pas à être obligatoirement atteint dans le délai d’exécution de la Stratégie de sécurité routière.

Le rapport intitulé Towards Zero: Ambitious Road Safety Targets and the Safe System Approach déclare que «les pays de l’OCDE et du Forum international des transports (ITF) englobent une vaste gamme d’économies avec des différences substantielles en matière de performance de sécurité routière. Les pays avec les meilleurs records ont des taux de décès d’environ 5-7 tués pour 100 000 habitants.»

Afin d’établir un contexte pour la vision d’avoir les routes les plus sûres au monde, le Canada devrait atteindre un taux de 5 décès pour 100 000 habitants. En 2007, le nombre total de décès était fixé à 2 767 – en d’autres mots, un taux de décès comparable à 8,4 pour 100 000 habitants. Pour que le Canada atteint la cible de 5 décès ou moins pour 100 000 habitants, une réduction additionnelle de 1 120 décès aurait été requise en 2007.

Cette vision nationale représente le désir du Canada de faire tout son possible pour être le leader mondial de la sécurité routière. Bien que cette vision ne peut être atteinte dans l’immédiat, elle souligne le désir pour les meilleurs résultats possibles en matière de sécurité routière pour toutes les administrations canadiennes.

La Stratégie de sécurité routière sert de ligne directrice aux intervenants de tous les ordres de gouvernement et des secteurs privé ou public pour qu’ils travaillent ensemble en vue d’atteindre le but de rendre les routes du Canada plus sûres. La meilleure façon de mettre cette vision en œuvre est de lancer des initiatives répondant à ses 4 objectifs stratégiques.

À l’échelle nationale, la stratégie sert de mesure incitative aux comités permanents du CCATM et aux groupes de travail pour qu’ils collaborent à l’élaboration et à l’implantation des nombreuses initiatives et d’interventions concentrées visant à améliorer la sécurité sur les routes canadiennes.